Je sortis de la cabine pour me retrouver dans une salle semblable à celle, 1049 étages plus bas. Je sortis de la salle et me dirigeais vers les escaliers. Pour raison de sécurité aucun ascenseur ni T.I. ne desservait le dernier étage. Je devais passer par la fouille avant de monter trente marches pour arriver devant une magnifique porte en bois foncé munies de poignées dorées. Le sergent qui m'escortait ouvrit la porte et m'annonça :
« Faites-le entrer ! » dit une voix profonde.
Je m'exécute pour me retrouver dans une grande pièce entourée d'une baie vitrée. Le sol était recouvert d'une moquette assez épaisse, sur ma gauche était le bureau du général, surchargé de feuilles et dossiers en tous genres, visiblement l'officier avait interrompus son travail. A ma droite, seul bout de parois non vitrée, se trouvait une porte donnant sur une salle de réunion. En face de moi deux grands canapés entourant une table basse. Sur l'un étaient assis mes deux amis, Jo et Fred, sur l'autre était le général. Celui-ci était grand (1m90), fort, avait les cheveux noirs de jais et courts, les yeux verts, le teint légèrement bronzé, un nez droit en pointe, un menton pourvus d'une fossette, les joues légèrement creuses et malgré ses cinquante ans il paraissait encore jeune et vif.
« Vous en faites, une drôle de tête ! Votre épaule vous fait souffrir ? s'enquit le général
- Pardon ? » en me rendant compte de la crispation de mon visage, je lui assurais que tout allait bien, tout en essayant de me détendre.
« Ne vous inquiétez pas ! Nous ne vous avons pas attendus longtemps ! En réalité nous ne vous avons pas attendus, Lieutenant Johnson ! J'ai déjà exposé votre mission à vos deux camarades ici présents. Ils auront tout le loisir de vous informer de tous les détails ! Lieutenants Jack Johnson, Frédéric Heymans et Jonathan Falmann, je compte sur vous ! N'échouez pas ! Rompez ! »
Et nous sortîmes. Jo et Fred avaient l'air abasourdis. Tout en redescendant afin de s'équiper pour la mission, ils m'expliquaient que nous devions infiltrer le palais présidentiel Serte à trois mille kilomètres d'ici en vue d'éliminer leur gouverneur qui se nomme Nicolaï Breda. Le départ pour la mission est immédiat car le largage doit se faire de nuit. Nous nous équipâmes et montâmes dans le RZX-47, qui nous emporterait à 36000m d'altitude.
J'ajustais la sangle maintenant mon M82 (fusil d'assaut avec lance grenades 60mm intégré) et m'adossait de nouveau. Je devinais le regard de mes amis. Eux comme moi avaient déjà piloté mais c'était notre premier saut en parachute réel. Certes nous étions entrainés mais en VR (virtual reality) on ne meurt que virtuellement, d'où le trac.
« Eh les gars ...
- Quoi, Jo ?
- Si l'un de nous ...
- Non ! interrompis Fred
- Que ...
- Non ! repris-je à mon tour, Aucun de nous n'y restera ! Nous reviendrons comme nous partons, à trois !
La lumière rouge clignota, signe qu'il restait une minute avant le saut. L'orange s'alluma, trente secondes, on se leva ; clignota, la soute s'ouvrit, béante sur le vide ; vert ! On saute. L'altimètre de mes lunettes VA (vision augmentée) indiquait 35000m, 34000, 32000, 28000, 20000, 4000m ! J'actionnais les RCSS (Ralentisseurs de Chute Supersonique) ! En effet je tombais en chute libre à 1237km/h. Je ralentis jusqu'à 576km/h et j'actionnais enfin mon parachute aux environs de 1000m d'altitude. La secousse étonnement violente par rapport à l'idée que je m'en faisais me fit perdre connaissance.
Un bruit sourd puis un autre plus clair accompagné d'une vive douleur cuisante à la joue gauche me réveilla.
« Hé ! Pourquoi m'as-tu giflé ?
- Pour voir si t'étais encore vivant ! dit Jo, m'en recollant une
- Aïe !! Et celle-là ! Elle est due a quoi ?
- Pour le plaisir !
- Bon sang ! Vous pourriez faire moins de bruit ! Je vous ai entendus à quarante mètres ! souffla un Fred énervé, Ok les gars ! Il est 4h07, ce qui veut dire qu'on a 1h53 pour infiltrer le palais présidentiel Serte car à 6h c'est l'aube et on serait bien trop repérables !
- Il est loin ce palais ?
- Merci Jack ! J'attendais qu'on me la pose ! Eh bien, à environ trois kilomètres d'ici débute l'enceinte de la base. Donc c'est tout proche ! Allons-y ! »
Et c'est parti pour un quart d'heure de trot dans la brousse ! Comme l'avait dit Fred, c'était tout proche ! Problème, le grillage était pourvu de barbelés à son sommet. Nous sortîmes nos pelles dont le manche de vingt centimètres se dévissait afin de la rendre plus compacte. Au bout de vingt minutes de « forage » on arrivait enfin à passer. Il était 4h42 donc H -78 minutes. Des baraquements étaient visibles. Nous allâmes dans leur direction. Non loin, un ascenseur allait sous terre.
« Mince ! Un digicode, fit Jo, et nous n'avons pas le code !
- De toute manière, dis-je, c'est un peu voyant de passer par l'ascenseur, non ? Essayons par un autre chemin ! »
Pendant près d'une demi-heure, on parcourrait l'étendue entre les grillages, jusqu'à trouver une bouche d'égout. Nous devions êtres maudits, elle se trouvait en plein milieu de la route principale ! Damn !